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LE TEMPS PDF Imprimer Envoyer

letemps-logoCritique Lundi 17 novembre 2014

L'âme brûlante du violon de Tedi Papavrami

Par Sylvie Bonier

Le violoniste a donné une intégrale impressionnante des «Sonates et Partitas. de Bach au Temple de la Fusterie de Genève.

l faut plonger... Fine silhouette noire. les pieds rivés au sol, les yeux mi-clos, Tedi Papavrami prend une longue respiration.

Un souffle profond. Et les premières notes de l’Allemande de la 2 e Partita emplissent le Temple de la Fusterie. Le violoniste entame la seconde partie de sa performance musicale l'Intégrale des Sonates et Partitas de Bach, en deux concerts.

 

Vendredi, la salle est bondée. Le public, venu ou revenu au rendez-vous, sait l'importance de l'exploit. Tedi Papavrami reprend l'ascension de ce sommet du répertoire pour violon seul, qu'il a enregistré en 2008 et souvent joué, en parties isolées ou rassemblées.

Cette fois. un nouvel enjeu de taille s'ajoute à celui de l'interprétation: le Stradivarius prêté en septembre par la fondation LVMH, le Reynier, de 1727. Sonorité plus ambrée, grave. à la fois râpeuse et ronde. Le diapason est bas. L'instrument se révèle très différent de celui sur lequel le soliste avait immortalisé l'intégrale chez Aeon.

Le violon lui résiste encore. à entendre certains passages parfois troublés, comme en attente d'un accord parfait. Mais dès la Sarabande de la célèbre pièce «à la Chaconne., tout S'éclaire, s'illumine et se densifie, sans jamais se départir de ce sérieux et de cette gravité qui marquent la signature du musicien.

Le Bach de Papavrami n'est pas tendu vers le ciel, le mysticisme ou la spiritualité. Il pleure des larmes humaines, vibre du fond du corps et tend l'archet aux tourments et à la grâce de la vie. Il est difficile d'échapper â cette vision très personnelle, intime et engagée de l'opus violonistique de Bach. A cet intrument à l'âme brûlante. qui s'enracine dans la terre (ces pieds fixés au centimètre sur le plancher...) et suit les élans d'un cœur solitaire.

La fameuse Chaconne est fluide, riveuse, âpre et tendue vers l'urgence à dire (ces passages cinétiques d'arpèges aux notes répétées, dans une tension exacerbée. La fugue de la 3e Sonate, chauffée au rouge, déroule ses thèmes sans faillir, telle une onde ravageuse qui se répand en strates.

Et l'écho rayonnant des notes submerge chaque mouvement de la 3e Partita. Tedi Papavrami éclaire et rassemble les flux du grand «ruisseau» en sourcier  inspiré. Un Bach révélé.

 

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